L’offensive de Google face aux bloqueurs de publicité décryptée

Adblock, Adguard blocker, Ghostery, Disconnect, Privacy Badger, uBlock Origin ou encore ScriptSafe : les extensions qui masquent les pubs envahissantes sont dans le collimateur de Google.  Les bloqueurs de publicité  ou « adblockers » favoris des internautes pourraient bien être en train de vivre leurs dernières heures. Décryptage.

Tout d’abord, c’est quoi un bloqueur de publicité ? 

Aujourd’hui, les utilisateurs trouvent non seulement certaines publicités énervantes et intrusives mais craignent également pour leur sécurité sur Internet. Ils reprochent notamment à ces annonces d’envahir leur intimité, d’interrompre leur expérience utilisateur et de ralentir le chargement des pages.

Une récente étude démontre que près de 615 millions d’appareils utilisent aujourd’hui un bloqueur de publicités, dont 62 % pour les seuls appareils mobiles.

A titre d’exemple, AdBlock est une extension gratuite qui bloque les publicités intrusives des pages web, et contribue à protéger les internautes contre les logiciel malveillants et espions. L’extension au +200 millions de téléchargements permet aux internautes de contrôler la publicité sur le web. Avec AdBlock, ils peuvent bloquer la pub sur n’importe quel site, même YouTube et Facebook

A cela, en bloquant les outils de suivi et les pubs, AdBlock améliore la vitesse de navigation et réduit l’utilisation de la bande passante.

Les internautes peuvent également utiliser AdBlock pour *permettre* la publicité sur leurs sites favoris ou chaînes YouTube préférées afin de soutenir le contenu qu’ils aiment. 

Que bloquent-ils réellement  ?

Sur ordinateur : 

  • Les pop-up qui s’affichent par-dessus la page
  • Les pages de pub qui s’affichent avant la page désirée
  • Les vidéos en lecture automatique avec du son
  • Les grandes publicités qui suivent le défilement de la page

Sur mobile  :

  • Les pop-up
  • Les pages de pub qui s’affichent avant la page désirée
  • Les vidéos en lecture automatique avec du son
  • Les pages de pub qui s’affichent après la page désirée
  • Les publicités qui prennent plus de 30 % de la page
  • Les publicités animées qui bougent trop vite
  • Les grandes publicités qui suivent le défilement de la page
  • Les publicités en plein écran qu’il faut faire défiler pour atteindre le contenu

Les extensions Adblock ne seront bientôt plus les bienvenues sur Chrome

Google s’apprête à faire évoluer son ensemble d’API Manifest, utilisée par les extensions dont les extensions adblock. Ces derniers s’appuient en effet actuellement sur Manifest V2 : au lieu de laisser les extensions filtrer les contenus eux-même, la v3 devrait obliger ces extensions de s’appuyer sur l’API fournie dans Chrome. Celle-ci serait particulièrement restrictive, cassant de facto le fonctionnement normal de ces extensions. Avec l’exception, tout de même, des clients entreprise (payants).

Recommandé pour vous :  Comment associer sa marque aux contenus d'éditeurs sur les réseaux sociaux

En effet, Google veut remplacer l’API webRequest utilisée par ces extensions pour filtrer les contenus et les scripts par une API plus restrictive, declarativeNetRequest – déjà disponible. Or celle-ci est truffée de limitations.

Toutes les extensions devront bientôt présenter à Chrome leur fonctionnement et les résultats de leur activité. Le nombre de règles à respecter va également augmenter, bridant ainsi le potentiel des bloqueurs de publicités.

À la place, Google souhaite que les extensions utilisent une autre plateforme, par le biais de laquelle ce serait Google, et non les adblockers directement, qui déciderait des contenus à masquer.

Pour l’heure, Google n’a pas établi de calendrier précis.

Quel est l’objectif de Google ?

Google souhaite fluidifier l’affichage des pages web. Un adblock fonctionne comme un filtre : quand vous cliquez sur une page, l’extension l’analyse pour détecter les pubs puis l’affiche en les masquant. Le tout en quelques centièmes ou dixièmes de secondes. Mais c’est trop pour Google qui estime que sans filtrage, les internautes gagneront du temps.

Si Google semble ainsi vouloir étouffer les bloqueurs de publicité à son profit, il ne va pas les interdire non plus. Simplement, ceux qui voudront continuer d’exister devront se plier aux nouvelles règles édictées par la firme de Mountain View. Ainsi, AdBlock, l’un des bloqueurs les plus populaires, devrait continuer de fonctionner puisqu’il a déjà assoupli sa politique en matière d’affichage de publicités. 

En réalité 

Il y bien entendu aussi un argument commercial dans cette décision. Google tire une très large partie de ses immenses revenus de la publicité en ligne. À chaque fois qu’une pub apparaît, Google gagne de l’argent. Donc moins d’adblockers égal plus d’argent. 

Des extensions avec moins de pouvoir d’action

Google développe donc actuellement Manifest V3, dotée de nouvelles fonctionnalités comprenant une modification majeure du système d’extensions de Chrome. Les extensions ne filtreront plus elles-même les contenus sur le réseau, elles devront agir avec une liste – très restrictive – de filtres proposés par Chrome.

Les bloqueurs de publicité tels que uBlock Origin et Ghostery, qui utilisent notamment l’API webRequest de Chrome pour bloquer les annonces avant même leur téléchargement, ne seront donc plus en mesure de le faire aussi efficacement.

Devant la colère, Google a toutefois tenu à éclaircir quelques détails. Chrome aura toujours la capacité de bloquer le contenu indésirable, mais cette action sera limitée aux seuls utilisateurs professionnels du navigateur. Cela permettra probablement aux entreprises de développer des extensions Chrome internes pour restreindre le contenu auquel les employés peuvent accéder, mais pas pour bloquer les publicités.

Faut-il pleurer la mort des bloqueurs de publicité ? 

Certes, il y a des sites qui usent et abusent des publicités envahissantes, notamment les vidéos qui se lancent toutes seules ou bien les fenêtres qui s’ouvrent sans qu’on ait rien demandé (les « pop-up »). Cela rend la navigation très pénible et dans ce cas, les bloqueurs de publicités sont bien utiles car ils fluidifient la navigation. Ils peuvent également protéger des publicités malveillantes ou infestées de virus.

Mais il faut aussi être conscient, en tant qu’internaute, que l’économie du web repose en majorité sur la publicité. Si tant de sites sont aujourd’hui gratuits d’accès, notamment ceux des médias, c’est grâce aux publicités. Et les bloqueurs mettent en danger ce modèle, même si certains laissent la possibilité à l’utilisateur de définir une liste de « sites de confiance » sur lesquels la publicité sera affichée. Entre confort et responsabilité, il faut faire un choix et Google est en train de nous forcer la main.

L’âge des publicités pop-up en ligne gênantes est révolu, Google bloquant par défaut les publicités intrusives dans son navigateur Chrome. 

 

Recommandé pour vous :  Quand les médias traditionnels s'inspirent des influenceurs

L’heure est à la publicité sociale et aux contenus de marque

Avec internet et les réseaux sociaux, le public choisit désormais ce qu’il veut voir. Les marques ont donc besoin de produire des contenus publicitaires de plus en plus désirables.

Face à la baisse des performances des annonces display, les marques cherchent à se rapprocher des contenus éditoriaux les plus appréciés et avec lesquels les consommateurs apprécient de passer du temps. Lorsqu’une marque est impliquée dans le contenu d’un éditeur, on parle alors de branded content.  Les créateurs de contenus qui possèdent des grosses audiences sur leur site web et sur leurs réseaux sociaux ont un énorme avantage.

Avec le branded content, la marque endosse, récupère ou sponsorise un contenu préexistant ou indépendant. La marque est à l’initiative du contenu mais n’en est pas directement la créatrice.

Via le branded content, les annonceurs intègrent directement les contenus créés et diffusés par des éditeurs influents sur leurs sites web et/ou réseaux sociaux. Afin de promouvoir leurs produits, services ou marques de manière créative et véhiculer les valeurs qu’elles représentent, les marques utilisent le branded content comme un levier publicitaire innovant et efficace dans un environnement publicitaire toujours plus saturé. Une étude Nielsen démontre à ce sujet que le branded content est plus efficace que les leviers publicitaires traditionnels sur internet.

Recommandé pour vous :  L'essoufflement du display face à l'explosion du branded content

Aussi, lorsque le contenu d’un éditeur est parrainé par une marque et distribué via des publications “organiques” sur les réseaux sociaux, les publications sont “naturelles”. Elles s’affichent directement dans le fil d’actualité des utilisateurs et ne sont donc pas perçues comme des publicités par les adblockers mais comme des simples publications. Côté éditeurs,  le branded content apparait comme la solution pour générer des revenus. Du côté des annonceurs, c’est également une solution pour pallier au rejet des publicités display traditionnelles tout en profitant du savoir-faire, de la créativité, de l’autorité et des audiences des éditeurs, notamment via les réseaux sociaux.

Pour vous faciliter la tâche, on vous a préparé un petit guide pour associer sa marque aux contenus d’éditeurs sur les réseaux sociaux.

FameUS

Vos partenaires chez FameUS
Retrouvez sur ce blog toute l'actualité de FameUS et des réseaux sociaux !

Pour nous contacter :
contact@fameus.fr
fameus.fr
FameUS